lundi 2 novembre 2009

Ego

Késako ?
Bonne question.

Je suis usée, oxydée, la vie m'attaque et me corrode, en conséquence, je suis râpeuse, faut un antitétanos pour m'approcher, la cuirasse est bienvenue, la distance recommandée.

Un rien m'énerve, un rien me fait pleurer, un rien bouscule mon neurone et tout bascule. Je ne veux plus me voir, plus voir mes rides, refuse de vieillir.

Marre des grains de sables qui ne font pas de jolis dunes ici mais creusent des rides...

Envie de crier contre le monde entier, envie de dire regardez moi bon dieu de merde ! Regardez moi je sombre, et refait surface, et plonge tout doucement..

Le navire prend l'eau, sous le vernis y'a la vermine, sous le sourire, toutes mes rancoeurs.

Regardez moi ! Osez me regarder, et pas juste ce qui vous plait, ce que je montre, vous me voyez grosse, je suis maigre, je ne croque pas assez dans la vie, je suis creuse de joie, vide de rires..

Je porte mon corps parce que je n'ai pas le choix, je porte ma vie parce que c'est comme ça.

Moquez vous, critiquez, continuez, ça me fera encore grossir

Je suis grasse de vos jugements, vos haines sont mes varices, ma peau craque de tant d'énergie gâchée.

Je veux, je veux, je veux comme une enfant qui ne saurait pas que tout a un prix, je veux que tout, tout le temps me tombe du ciel, parce que nom d'un chien je le mérite!


J'aime, fort, dur, douloureusement, amoureusement, j'attrape un bout d'autrui, par un bout de lien, un bout de bien, très doux, ça chatouille, on s'ébroue, le lien tombe au moindre vent, vous êtes libres et moi non, esclave d'un avant.


Je suis de mauvaise foi et d'eau, je suis une écorchée vive, lorsqu'on me souffle des mots doux je bondis et je ferme.

Pas question de laisser quiconque s'apercevoir que je suis bien mieux que ça

ça

La mère au foyer, la crayonneuse du dimanche, la bonne poire qui écoute, et écoute et écoute, l'électrique gros tas, juchée sur sa chaise, qui ne fait même plus d'effort pour se plaire.
La volubile qui parle et parle et parle et que vous n'écouterez pas quand enfin elle dira en riant sa souffrance, nue et laide.

Je suis abstraite et abrupte, je suis si douce pourtant, mièvre jusqu'à l'écoeurement.

Je suis orange et acide, vert de gris, pointue, métallique, toute entière dans un détail que j'ai photographié, et que seule, je vois.

Je.

Ego.

Moi.

Et si ça ne vous plait pas, c'est bien...  vous n'êtes déjà plus là.

5 commentaires:

JC33 a dit…

C'est dit,
C'est bien dit,
C'est senti et resenti,
Quand la colère est créatrice...
Continue...

Aude a dit…

Je me demandais si quelqu'un ou quelqu'une, se risquerait ici si près de l'orage, qui ces mots n'auraient pas fait fuir ?

Contente de te trouver là, tu as donc trouvé un parapluie, un paratonnerre, un bunker ? ;)

JC33 a dit…

Ces mots là ne me feront pas fuir.
Je pourrai aussi les écrire.
Ecris les (et cries les) autant de fois que necessaire...

Bonne nuit.
Aprés l'orage vient le beau temps.

Marie a dit…

Ton ecriture me fait penser a la mienne, donc moi non plus je ne fuis pas...
moi c'etait il y a 6 ans deja, comme quoi le beau temps revient, Dubai ou pas Dubai :)

et je suis d'accord, c'est un tres joli jeu de mots "ecris-les"/"cries-les"

Ayesha a dit…

Pourquoi fuirions-nous ? Tu écris si bien... et cela transcrit tant de choses.
N'aie pas peur de continuer.